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Théâtre du Feu Follet

Z-1985 Quatre-vingt treize

, 12:33pm

Publié par Maurice Lamy

"Quatre-vingt-treize", l’apothéose… et le dernier Livre vivant à Limalonges…

       

  En 1985, profitant de l’année Hugo pour le centenaire de sa mort, le Foyer Civil et le désormais "Théâtre du Feu Follet", puisqu’en 1984, la Section Théâtrale avait pris ce nouveau patronyme, ont mené une grande opération : un spectacle Livre vivant avec "Quatre-vingt-treize", adapté du roman de Victor Hugo, une exposition de 80 planches dessins et affiches retraçant la vie du " Grand homme " et des conférences en plein air sur Hugo, notamment celle d’Eve Ruggieri le jour du 15 août.

Là encore ce fut une vaste entreprise, mais bien plus que pour les précédents. Pour le spectacle l’on avait investi une grande carrière abandonnée du " Champ de la Serpe ", de près de 3 hectares, à 400 m à la sortie du village. Le site avait été remodelé par des pelleteuses et des bulldozers pour créer un lieu immense, avec des plateaux de jeu pour les scènes de théâtre, des fossés, des talus, de petits lacs et des chemins bordés d’arbres et d’arbustes, pour les déplacements des armées de figurants.

         Les répétitions pour le jeu théâtral et les mises en place diverses ont commencé début mai, à raison de 2 soirées par semaine. L’adaptation du roman d’Hugo avait été faite pas le metteur en scène, Maurice Lamy, dont c’était la 7 ou 8ème adaptation de romans pour le théâtre. A ceci près, c’est que pour adapter un Livre vivant en plein air, il y a quelques données supplémentaires à prendre en compte : le plein air d’abord, qui pose des problèmes de voix, de distance au public pour les parties théâtrales jouées, et l’immensité du lieu dont il faut utiliser la variété des structures et des formes, à combiner avec les éclairages. Et puis et surtout faire répéter plus de 80 personnes en même temps pour qu’elles évoluent dans ces divers lieux conformément à l’idée que s’en fait le metteur en scène, ce n’est pas rien non plus !

                           Pour les dernières semaines, à partir du 20 juillet environ, un stage de réalisation a été mis en place afin de pourvoir tous les postes nécessaires à un spectacle de cette ampleur. Ce sont plus de 30 stagiaires qui nous ont rejoints de tous les coins de France, la plupart très jeunes, mais aussi des personnes de la trentaine et plus parfois. Ils ont investi tous les secteurs : le son, la lumière, les costumes, le matériel, les décors, les accessoires, installations des régies, etc. La carrière était devenue une véritable fourmilière !          

                     Une costumière professionnelle avait pris en charge la fabrication de plus de 240 costumes militaires (les Bleus) et civil (des vendéens), mais aussi des bourgeois et nobles de la fin du XVIII ° siècle. Des femmes de Limalonges venaient lui prêter main forte en fonction de leurs disponibilités.

         La bataille navale introduisant le début de l’histoire de " Quatre-vingt-treize " avait été mise sous forme d’un diaporama et projetée en musique sur le front de taille de la carrière sur 10 m de base et 12 m de haut… Ce qui donnait des images grandioses de bateaux s’affrontant…

         Ce fut un intense, un immense et un merveilleux travail en équipe, si l’on compte ceux qui travaillaient directement pour le spectacle d’une façon ou d’une autre, c’était près d’une centaine de personnes qui œuvraient quotidiennement. D’ailleurs la cantine, servait plus de 80 repas à chaque service ! A ceux-là il faut ajouter les figurants et acteurs qui travaillaient dans la journée et rejoignaient les gens du premier cercle le soir, soit environ 100 personnes de plus. Et les soirs de spectacles avec ceux qui étaient à l’accueil, aux entrées, aux parkings, etc., ce fut plus de 250 personnes que ce Livre vivant a impliqué sur une durée d’un mois !

          

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques chiffres pour mieux comprendre l’importance des moyens mis en œuvre dans cette fresque épique et hugolienne :  

  • Il y avait 5 régies pour les 240 costumes, correspondant aux principales entrées ; de plusieurs dizaines de costumes chacune.
  • 4 régies techniques son et lumière : Même si toutes les informations et commandes partent de la régie générale, ̏ la passerelle ̋ comme on l’appelle, située derrière la tribune, il y avait 4 régies intermédiaires lumière et son, disposées en relais dans le site,
  • 2 groupes électrogènes de 600 C.V. pour fournir l’électricité.
  • Pour la lumière : 4 régies lumière commandent aux 400 projecteurs disposés sur des tours ou disséminés dans le site, reliés par 40 kms de câbles…
  • Pour le son : 4 régies, une par plan sonore du lointain jusqu’aux tribunes, dont le plan le plus proche est en stéréo. Chaque plan sonore était amplifié à 1.500 w. plus une régie pyrotechnique au fond de la carrière.
  • Une régie pyrotechnique pour les effets spéciaux de guerre et d’incendie
  • Il y eut 4 953 spectateurs sur les 7 séances du 9 au 17 août 1985.  

           Ce fut surtout une belle aventure humaine rendue possible grâce 160 acteurs et figurants et en tout plus de 250 personnes, toutes bénévoles pour assurer le spectacle, les régies, les services et la logistique.