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Théâtre du Feu Follet

S-1988 : Le Premier

, 11:49am

Publié par Maurice Lamy

S-1988 : Le Premier

1988 va être un grand tournant dans l'existence du Théâtre du Feu Follet.

Depuis le début d’année 1988, la troupe commence à jouer une pièce d’Israël Horovitz :  "Le premier" dont le titre original est : " The line " (La ligne).

L’histoire, elle, est très simple : Cinq personnages font la queue derrière une ligne blanche. Quatre hommes et une femme. Qu’attendent-ils ?  On ne le sait pas. Eux non plus d’ailleurs ! Qu’importe.

Ils vivent là, un huis clos par ligne blanche interposée, durant lequel ils vont passer leur temps à se jouer, se tromper, s’épier, se piéger, pour être …      LE PREMIER.

Tout cela dit magnifiquement par Horowitz avec un humour féroce et décapant. Absurde et profonde, dérisoire et grandiose, la parabole est là, elle existe et s’impose, impossible d’y échapper. 

Le spectacle du Feu Follet est proposé sous forme d’un cabaret - théâtre où le public, assis à des tables peut boire et se restaurer pendant que les acteurs jouent la pièce. C’était là une forme de théâtre à laquelle voulait s’essayer la troupe. La tentative ne fut pas des plus concluante.     

 

Dans ce genre de pièce, où il n’y a aucun décor, seulement une ligne blanche posée sur la scène, il n’est pas facile de capter l’attention du spectateur, surtout s’il est occupé à autre chose, comme boire ou manger…  Malgré des efforts de mise en scène et de direction d’acteurs pour réussir à bien typer les caractères des personnages, lors des 7 ou 8 premières représentations, la pièce recevait de la part du public, un succès mitigé.

 

Et puis en avril 1988, juste pour le plaisir de jouer une fois de plus, le Théâtre du Feu Follet, s’inscrit pour une sélection au Masque d’Or de la F.N.C.T.A. La sélection a lieu au Théâtre d’Angoulême et nous y allons pour le plaisir de jouer sans aucune autre ambition. Devant ce type de public, la pièce passe beaucoup mieux. Déjà, un des membres du Jury, Patrick Schoenstein, directeur du Théâtre de la Roële à Villers-lès-Nancy, vient nous dire à l’issue de la représentation : " Quelle que soit la décision du jury, pour le Masque d’Or, moi je vous invite à venir jouer près de Nancy dans mon petit théâtre pour le Festival France -Europe de mars 1989 ".     

 Dire que nous étions surpris, serait peu dire !  

 Et voilà qu’en juin 1988 le téléphone sonne pour nous dire que nous sommes retenus pour faire partie avec 2 autres troupes de la sélection nationale pour le Masque d’Or à Rungis, en novembre cette même année !... C’était vraiment très inattendu.

Nous décidons de nous faire aider par un metteur en scène professionnel : Michâ. Merci à lui, il nous a bien aidés. Sans démolir ce que nous avions fait, il nous a aidés à clarifier les personnages et renforcer notre parti-pris burlesque et déjanté, accentuant le côté farce.

Et nous voilà partis pour Rungis et à cette finale du Masque d’Or, tant convoitée par les troupes amateures.

Certes mais nous n’avons pas gagné, mais qu’importe. Cela a été pour nous le début d’une reconnaissance.

Déjà le directeur de la Maison de la culture de Rungis où avait eu lieu la finale, nous avait fait un contrat pour que nous revenions jouer chez lui en février 1989.

Une vraie reconnaissance pour notre travail !

 Nous étions demandés un peu partout. Non seulement dans la région Poitou-Charentes, mais un peu partout en France, pour des festivals ou des rencontres théâtrales : dans le Gers, Castera-Verduzan, à Foix, à Cavalaire, sur la côte d’Azur, ou encore à Lons-le-Saulnier, pour le festival : " Théâtre dans la vie ", à Nancy, bien sûr…

Nous avons joué " Le premier " jusqu’en mars 1990, en tout 73 fois !