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Théâtre du Feu Follet

Z-00 Histoire du début des fêtes d'été

, 12:46pm

Publié par Feu follet

              Le " Livre Vivant " est un genre d’expression particulier de spectacle total, où sont associés en plein air, tous les arts de la scène le texte, le jeu d’acteurs, le décor, la lumière et le son… Un grand espace de jeu, souvent sur plusieurs plans, est offert au public.  Une sorte de "Son et Lumière" avec le théâtre en plus… Autres caractéristiques de ces spectacles dont " La Geste Paysanne " a été le précurseur, c’est d’associer la population locale dans le théâtre et la figuration. C’est aussi de mettre en scène des ouvrages historiques ou littéraires et de les faire vivre, d’où le nom de " Livre Vivant ". De belles images pour les yeux et des textes forts et de la musique pour les oreilles et l’esprit…

Ces Livres Vivants sont aussi une façon de rassembler des gens, des compétences, des savoir-faire pour qu’ils concourent à une réalisation commune et extraordinaire (au sens : sortant de l’ordinaire) et d’animer socialement toute une population locale, au sens de l’Education populaire…

A Limalonges, ces moments intenses et privilégiés ont constitué une véritable épopée populaire et ont laissé dans les mémoires des souvenirs inoubliables.

Vingt-cinq, trente ans après, on en parle encore… Toute une population d’un village et des alentours : élus, citoyens, de toute pensée et de toute obédience, derrière le projet, les projets ! C’étaient certains soirs de printemps et de début de l’été plus de cent personnes sur le " peulon " (entendez l’espace scénique de plein air) et dans les dernières semaines qui précédaient les spectacles, cent, deux cents personnes étaient impliquées dans la finition…

  Ces spectacles étaient l’occasion de stages de réalisation de 2 à 3 semaines, agréés par la Fédération des Œuvres Laïques et la Jeunesse et les Sports, à l’adresse de jeunes volontaires, et des plus vieux, mordus de théâtre, qui prenaient des congés d’entreprises pour les suivre… L’encadrement était constitué de quelques animateurs départementaux professionnels, spécialistes en son, lumière, costumes et décors…

Certaines années lors des deux dernières semaines précédant les spectacles, l’effectif (stagiaires et encadrement confondus) dépassait les 50 personnes. Tout le reste était assuré par le bénévolat des membres du Foyer Civil et la population, dans un immense et formidable élan solidaire et désintéressé. Les premières années, les intervenants et les stagiaires étaient nourris par les habitants du village, un repas chez l’un un repas chez l’autre comme au temps des batteries…

  Les adaptations de ces livres vivants étaient écrites par Maurice LAMY, puis proposées à tous pour des aménagements et un élargissement. Par ailleurs, c’est lui qui assurait la mise en scène et la direction d’acteurs de son texte. Compte tenu du nombre de participants et des dimensions de l’aire de jeu, qui a pu atteindre plus de deux hectares comme ce fut le cas du dernier livre vivant, ce n’était pas là chose facile !   

Début mai, la réalisation véritable commençait avec les répétitions. Quelques jeunes de la troupe venaient tout spécialement de Poitiers, parfois plusieurs fois par semaine pour répéter.  Mais aussi par des choses plus concrètes liées au plateau technique, aux décors, à la scénographie. Tout un travail obscur, mais essentiel. Les accessoires étaient recueillis chez les habitants ou fabriqués, les décors réalisés dans les ateliers des artisans locaux, les soirs après le travail… Pour les costumes, poste toujours très important pour des spectacles historiques (il y en eut jusqu’à 400 certaines années), un atelier ouvert en permanence de la fin juin et à la mi-août, dans la grande salle de l’association, où une quinzaine de femmes se relayaient à la couture, des journées durant…

Vraiment, une immense implication de tous, une conjonction d’efforts, d’envie de faire ensemble, de motivation, qu’il serait maintenant difficile d’obtenir de nos jours…  

  Comme dit précédemment, dans le prolongement de la "Geste Paysanne" de Verruyes en Gâtine, en 1976, qui avait montré aux " pays " et à ses habitants (" les paysans ") que l’on pouvait faire de son pays, justement et de son histoire, un spectacle. "La Geste", venait de démontrer que l’on peut enthousiasmer à la fois le public, et fédérer un grand élan de création. L’idée était mûre pour démarrer ce que Maurice Lamy souhaitait faire depuis longtemps en ce lieu.

Depuis plusieurs années déjà, il avait commencé des recherches dans les archives locales et départementales, relevant les traits marquants de l’histoire de Limalonges et de sa région… Il y avait là matière à écrire, à mettre en forme et à montrer des pans entiers intéressants et forcément méconnue de l’histoire locale.

Il entreprit ce travail d’écriture avec une méthode particulière : d’une part, il transcrivait aussi fidèlement que possible les faits historiques et sociaux des époques passées et d’autre part il lisait en parallèle des œuvres littéraires, notamment théâtrales qui traitaient de cette même époque. Puis, il habille ces intrigues et ces trames, puisées dans l'imaginaire des auteurs, des faits historiques réels et locaux, transposant ainsi l’histoire du village, dans la fiction. Ainsi se trouve intimement mêlés le fil dramatique qu’il n’a pas inventé, avec les faits historiques réels du lieu et des environs. Un bon moyen sans doute de faire connaître l’histoire locale, en la présentant théâtralement et en spectacle. Par exemple : des extraits des "Vilains" de Ruzzante, servent de support aux grandes famines, bien réelles et à la misère qui ont frappé la région aux XII° et XIII° siècles…